Le Oblò inaugure un nouveau cycle consacré à l’ethnographie visuelle, explorant les relations entre recherche anthropologique, image et cinéma documentaire.
Pour cette première séance, le cinéma se délocalise exceptionnellement au Théâtre 2.21 (Rue de l’Industrie 10, 1005 Lausanne).
La projection présentera « Sušica et ce qu’il en reste », un film réalisé dans le cadre du travail de la sociologue et anthropologue Anna Fersztand.
« Sušica et ce qu’il en reste » interroge ce qui demeure après la violence extrême, après la guerre, les atrocités et le génocide. Que reste-t-il lorsque ni les mots ni la mémoire ne suffisent à contenir l’horreur ? Infligés par l’humain à l’humain, ces crimes laissent des traces de vide, d’absence et de silence, inscrites autant dans les corps que dans les lieux et les récits.
Né de la collaboration entre Sedina Delić-Tanović, survivante du génocide bosniaque et détenue au camp de Sušica en 1992 (Bosnie-Herzégovine), et l’anthropologue Anna Fersztand, ce documentaire explore l’héritage de la violence : ce qui disparaît, ce qui se transforme et ce qui se transmet malgré tout. Entre mémoire intime et mémoire collective, le film propose un travail d’écoute et de présence, une tentative de comprendre comment vivre avec ce qui reste et comment habiter l’absence.